Mon Papa s'en est allé dans le grand jardin, là-haut, dans les étoiles !

C'était le 22 Septembre 1987

Le 9 juillet était sa date d'anniversaire et, malgré son absence,
je veux lui rendre hommage et lui dire combien j'étais fier de lui.

Pardonnez-moi de le faire par le biais de ce site mais, pour moi,
c'est important que vous sachiez vous, combien je le respectais
et surtout combien je l'aimais.

Je voudrais aussi que vous sachiez qu'un Papa
ça compte dans la vie d'un petit garçon ou d'une petite fille...
Bien des enfants (de tous âges) l'oublient
ou s'en rappellent quand, hélas, il est trop tard.
J'espère que, de là-haut, Il comprendra, Papa,
combien tout au long de ma vie, je l'ai aimé et admiré...
même si je n'ai pas osé lui dire.



Papa,

Je t'imagine accoudé à cette grande table,
sous la tonnelle dominant le jardin potager.
La vue que tu en as te paraît agréable,
du bon travail,penses-tu, digne d'un maraîcher.

Entre tes doigts, très lentement, se consument,
l'une après l'autre, nombre de cigarettes,
En cendres elles tombent, avant qu'tu ne les fumes,
une manie bien à toi qui jamais ne s'arrête.

Que ton regard est fixe, quelles sont donc tes pensées ?
Sur la toile cirée ta main tremble un peu.
Est-ce par les soucis que ton front est plissé ?
Ou est-ce le souvenir d'un moment malheureux ?

Voilà déjà longtemps que tu t'en es allé,
vers un autre jardin, bien plus grand que le tien.
Est-il seulement plus beau ? Est-il mieux ordonné ?
Depuis ton grand départ il ne produit plus rien.

Quel papa formidable pour moi tu as été.
Pour te ressembler j'aurai offert des années de ma vie.
Donner, partager, tolérer et aimer,
c'est un bel héritage qui m'a été transmis.

Il y avait en toi tant de bonté, de sagesse.
Tant de dévouement pour ceux qu'on dit "petits".
Tu as eu pour les autres affection et tendresse.
"Quel homme exceptionnel" ton père, on m'a dit.

Quand tout deux, en Touraine, nous faisions promenade
dans les rues du village ou par les chemins creux.
Bon sang que j'étais fier, mon coeur battait chamade
je n'osais point te dire combien j'étais heureux.

Tu partageais alors bon nombre de pensées.
Ta vie tu racontais, les bons ou mauvais jours.
Des secrets de famille jusque là bien gardés,
un petit frère perdu, un oncle sans amour.

Tu me disais, "mon gars", retiens cette leçon !
Avec ton frère, ta soeur, ne te fâche jamais !
Toute peine qu'on te fera mérite le pardon,
d'autant que toi non plus tu ne peux être parfait !

Protège les plus faibles, les moins nantis que toi !
Aide les du mieux possible à porter leur fardeau !
Comme si c'était hier j'entends encore ta voix.
De tes conseils, Papa, j'en perçois les échos.

De te rendre bel hommage que c'est dur Papa.
Durant bien des années ma plume restait figée.
Aujourd'hui je me décide à franchir ce pas
mais j'avance dans mes vers avec difficulté.

Que j'aimerais, Papa, que tu sois encore là !
j'ai cinquante ans passés et j'ai besoin de toi.
je voudrais bien encore accompagner tes pas
et te crier JE T'AIME, tu en as bien le droit.

Aujourd'hui, je le sais, c'est moi qui suis Papa.
Pour mes enfant chéris je deviens le conteur
Pour que leur chemin soit plus doux et plus plat.
Pour construire autour d'eux un monde de bonheur.


Pour eux, pour toi, j'essaierai d'être à la hauteur. Merci Papa,


Marc Prudhomme (Michbo01)







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